Une conditionnerie d'agrumes, quatre-vingts ans plus tard
Le bâtiment a trié des citrons, gardé des meubles, puis dormi. Il sert aujourd'hui à dîner et à jouer aux cartes, sans que l'un dérange l'autre.
Ce que les travaux ont rendu
Sous un faux plafond des années quatre-vingt, nous avons retrouvé la charpente d'origine et les vitrages qui éclairaient la table de tri.
La chambre de mûrissement, aveugle et fraîche, est devenue le salon de cartes : aucun bruit de rue, aucun reflet sur le feutre.
La chambre froide sert de cave. Elle tient douze degrés seule, ce qui nous a évité d'installer un groupe et une facture avec.

Cinq personnes
L'équipe entière, cuisine et salle.
Quarante couverts
Deux services, du mardi au samedi.
Cinq tapis
Le salon, avec ses horaires à lui.
Le bâtiment en quatre dates
La charpente et les vitrages
Les pochoirs peints sur les caisses
Le quai de chargement, devenu comptoir
La table de tri, au centre de la salle
Trois principes
- Les cartes servent à passer une soirée, pas à s'enrichir : rien ne se mise, rien ne se gagne, et aucun compte ne se règle entre voisins de table.
- L'ardoise obéit à la cueillette : le jour où le fruit manque, la ligne disparaît plutôt que d'être remplacée par un produit venu de loin.
- Passé un verre de trop, la clé de voiture attend au vestiaire et nous appelons quelqu'un : sur ce point la maison insiste, poliment mais sans céder.